Marais de Vogna et de Brenet : préservons nos zones humides !

Couvrant plus de 13 hectares, les marais de Vogna et de Brenet constituent des éléments remarquables du patrimoine naturel et culturel de la commune d’Arinthod. Ces deux zones humides accueillent une grande diversité d’habitats et d’espèces rares voire protégés en Franche-Comté. Depuis 2016, en collaboration avec le service Natura 2000 « Petite Montagne du Jura », la commune d’Arinthod a initié un projet de restauration de ces deux marais.

Des secteurs riches à préserver

Les marais sont des milieux humides, ouverts, riches en biodiversité (flore et faune). De nombreuses espèces animales dépendent directement ou indirectement de ces milieux pour effectuer leur cycle de vie (lieu de refuge, repos, alimentation, reproduction). Inondés ou gorgés d’eau en hiver, ils abritent notamment des plantes spécifiques qui constituent à la fois l’aliment et le lieu de naissance pour certaines chenilles de papillons de jour rares en Franche-Comté, parmi lesquels le Cuivré des marais et le Damier de la Succise, reconnus à l’échelle européenne.

Un rôle primordial dans la ressource en eau locale

Au-delà des enjeux paysagers et écologiques, ces zones humides jouent un rôle tampon dans le cycle de l’eau. Ce sont de véritables « éponges naturelles » qui absorbent l’eau, la stockent et la restituent en période de sécheresse : elles écrêtent les eaux des crues des rivières lors des fortes pluies et soutiennent les faibles débits des cours d’eau en restituant progressivement les eaux stockées. Situés en amont des sites de captage d’alimentation en eau potable de la commune d’Arinthod et des communes limitrophes, les marais de Vogna et de Brenet peuvent ainsi être considérés comme de véritables réservoirs d’eau.

Pourquoi restaurer ces zones humides ?

Autrefois, l’exploitation des marais par la fauche ou le pâturage a maintenu l’ouverture de ces milieux humides. La déprise agricole et leur drainage dans les années 1960-1970 ont provoqué la fermeture des marais par la colonisation spontanée d’arbres et arbustes. Ce phénomène tend à fragiliser la pérennité des espèces dépendantes de ces habitats. Par ailleurs, les épisodes climatiques extrêmes des dernières années ont eu des conséquences néfastes sur les milieux aquatiques et la ressource en eau : assecs prolongés de certains ruisseaux, mortalité piscicole, etc. Cela confirme l’utilité et l’urgence des interventions visant à améliorer les zones humides dans leur rôle d’éponge et de réservoir, leur rendant ainsi la capacité d’atténuer les effets sévères des inondations et des sécheresses. De plus, le marais de Vogna est colonisé par la Verge d’or géante, espèce végétale exotique susceptible à terme de l’envahir complétement.

Un programme d’actions sur 5 ans

Soucieuse de remédier à ces problématiques de préservation de la biodiversité et de la ressource en eau, la commune d’Arinthod a engagé dès 2014 une réflexion autour de la restauration hydro-écologique et de l’entretien des marais de Vogna et de Brenet. Elle a confié au service Natura 2000 « Petite Montagne du Jura » la mission d’élaborer un diagnostic des marais, préalable à la mise en place d’un plan de gestion. Dans le cadre d’un contrat Natura 2000, les financements nécessaires à la réalisation des travaux ont pu être accordés sur la période 2018-2022. La commune a donc pu démarrer, dès l’automne 2018, les travaux préconisés sur 6 hectares, qui doivent s’achever d’ici fin 2022 : abattage de résineux, coupe de ligneux, débroussaillage, arasage de touradons, fauche de la Verge d’or, création de mares, neutralisation de drains et création d’un panneau d’information.

En ce moment…

L’ambitieux chantier de réouverture du milieu (coupe d’arbres et débroussaillage) s’est poursuivi sur la période hivernale 2019-2020. A ce jour, 1,4 hectares du marais de Vogna et 2,6 hectares du marais de Brenet ont été réouverts, soit 65% de la surface totale prévue par le contrat Natura 2000. Néanmoins, en raison de l’épidémie de Covid-19 et des consignes sanitaires mises en place à partir du 17 mars dernier, les travaux ont dû être interrompus. Afin d’éviter tout dérangement des espèces animales au moment où elles sont le plus vulnérables (reproduction et élevage des jeunes), les travaux ne reprendront qu’à compter du 15 septembre prochain. 

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